CAT/C/17/D/43/1996
Annexe
page 2

A la fin de 1986, il a commencé à écouter des émissions de radio de
l'Organisation des moudjahidin du peuple pour transcrire des messages en code
et les remettre à un agent de liaison.
2.2
En février 1987, l'auteur a été obligé de faire son service militaire.
Il a été affecté à la section de l'entretien du siège des Gardiens de la
révolution. Au bout d'un moment il a commencé à livrer des informations, par
exemple les itinéraires de transport des munitions et des armements,
l'emplacement des arsenaux et des entrepôts souterrains, entre autres,
à l'Organisation des moudjahidin du peuple. L'auteur a également volé et remis
à l'Organisation 20 laissez-passer vierges avec lesquels les véhicules
pouvaient circuler librement sans être contrôlés aux points de contrôle.
2.3
En mars 1989, l'auteur a été contrôlé au moment où il quittait le siège
et a été trouvé en possession de deux laissez-passer vierges. Il a été arrêté,
frappé à coups de pied et de poing et conduit à la prison secrète No 59 du
service de sécurité des Gardiens de la révolution. Il y est resté trois mois
et demi au cours desquels il a été interrogé environ 25 fois. Lors de chaque
interrogatoire, il a été maltraité et torturé. Au cours du dernier
interrogatoire, on lui a dit de s'allonger sur le ventre, il a senti qu'on lui
plaçait un objet en métal brûlant sur les cuisses et il a perdu connaissance.
Ses blessures s'étant infectées, il a été conduit à l'hôpital de
Khatam-al-anbia où il est resté sous bonne garde quatre semaines.
2.4
Après sa sortie de l'hôpital, il a été transféré à la prison No 66 des
Gardiens de la révolution. Là, il a réussi à faire parvenir un message à ses
parents et le 11 août 1989, il a été libéré en attendant d'être jugé.
Apparemment, son père avait soudoyé le responsable pour qu'il accepte comme
caution les titres de propriété de la maison familiale; l'auteur ajoute que
normalement les prisonniers politiques ne sont pas libérés sous caution.
L'auteur devait se présenter à la prison tous les trois jours.
2.5
Au bout d'une semaine environ, il a reçu un message de son correspondant
à l'Organisation des moudjahidin du peuple qu'il a interprété comme un
avertissement. Il est parti se cacher à Shiraz puis à Boosher. Au bout de
six mois environ, il a pris contact avec son beau-frère par l'intermédiaire
d'un ami et a appris qu'il était recherché par les Gardiens de la révolution,
que ceux-ci avaient fouillé la maison de sa famille et arrêté ses parents pour
les interroger. Apparemment, les Gardiens de la révolution avaient également
trouvé des documents secrets que l'auteur avait cachés et arrêté son
correspondant. L'auteur a alors décidé de quitter le pays, a pris contact avec
un passeur et, à la fin de juin 1990, s'est rendu par bateau de Bandar Abbas
à Dubai et de là par avion à Stockholm, via Amsterdam et Copenhague.
3.1
L'auteur est arrivé le 7 juillet 1990 en Suède où il a demandé l'asile.
Il a été brièvement interrogé par la police. Le 3 septembre 1990, lors d'un
nouvel interrogatoire, il a parlé à la police de ses activités pour
l'Organisation des moudjahidin du peuple mais n'a rien dit des tortures et des
mauvais traitements qu'il avait subis ni des circonstances de sa libération.
Le 26 novembre 1990, l'Office suédois de l'immigration a décidé de rejeter sa
demande d'asile et a ordonné son expulsion de la Suède en raison de
contradictions dans ses déclarations.

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